La transformation de Paris au cours des XVIIIè et XIXè siècles
Par : Anaïse
Des immeubles plutôt que des maisons
Dans la 2ème moitié du XVIIIè siècle, la ville de Paris voit se construire de plus en plus d’immeubles. Les raisons en sont pratiques : loger plus de personnes, en période de croissance démographique et urbaine, mais aussi économique : l’immeuble est aussi pour le propriétaire un moyen de gagner de l’argent avec les loyer, et un outil de spéculation immobilière. De plus, avec la naissance du capitalisme, et des salaires individuels (l’unité de compte n’est plus la famille mais l’individu), il devient plus acceptable socialement de « superposer plusieurs maisons en une ».
Avec la Restauration, le mouvement s’arrête : l’idéal de la maison individuelle revient.
C’est au moment de l’arrivée du chemin de fer dans la capitale que les immeubles prennent véritablement le pas sur les maisons : faire déboucher des voies ferrées dans la capitale impliquait des travaux de grandes ampleur, et un certains nombre d’habitations individuelles furent détruites et remplacées par des immeubles. Il est important de préciser que ce passage aux immeubles concerne toutes les classes sociales : la différentiation entre ces dernières était essentiellement verticale. Au rez de chaussée se trouvaient les commerces, le premier et le deuxième étage étaient destinés aux classes aisées (grande bourgeoisie, aristocratie), le troisième aux petits bourgeois, et sous les combles, des chambres de bonnes pour les domestiques (ou les classes populaires de façon plus général). Cette différentiation demeurera, malgré l’uniformisation des étages dans les immeubles haussmanniens, jusqu’à l’arrivée de l’ascenseur, qui inversera la tendance : les appartements les plus prisés seront ceux des étages supérieurs, à cause de la vue.

Réorganisation de la ville au XIXè siècle
Au cours du XVIIIè et au début du XIXè siècle, la population parisienne augmente fortement (à cause de la croissance démographique). Les quartiers centraux se densifient, et les conditions de vie sont donc de plus en plus insalubres.
De plus, selon les théories sur l’hygiène en vogue à l’époque, les rues étroites et les maisons hautes empêchent l’air de circuler, et les miasmes (porteurs de maladies) de se disperser.
Les classes les plus aisées quittent donc le centre pour se mettre « à l’abri » dans les faubourgs, au nord et à l’ouest. Le centre de Paris, désertés des grands bourgeois et aristocrates, se paupérise, et devient donc plus dangereux (notamment à cause du risque d’une contestation politique) aux yeux du pouvoir.
Au cours des années 1830, le préfet Rambuteau tente de « moderniser » le centre de la capitale : il perce une rue, en 1836 (qui porte son nom) et surtout, agrandit le périmètre de l’hôtel de ville (qui abrite la commission provisoire de Lafayette) , dans le but de le mettre à l’abri des insurrection parisienne. Son action est néanmoins limitée par des lois qui empêchent dans une certaine mesure l’expropriation.
En 1841, une loi passe qui autorise l’expropriation en cas d’utilité publique (sa visée est de permettre l’arrivée du chemin de fer).
C’est sous Napoléon III, que le baron Haussmann fera effectuer les travaux qui ont changé la ville de Paris. (Des travaux d’assainissement et d’accès au gaz, à l’eau courante et au tout à l’égout sont effectués, même si un des buts principaux du projet était d’assurer l’ordre dans le centre de Paris : rues larges et droites, permettant notamment le passages des troupes ou le tir au canon).

De larges avenues uniformes sont taillées dans les quartiers anciens, entrainant l’expropriation de 250 000 habitants, lesquels n’ont pour la majorité pas trouvé à se reloger dans les nouveaux immeubles, parce que le loyer a augmenté, du fait de la reconstruction / rénovation. Cette population, pour la plupart pauvre et ouvrière, se retrouve donc contrainte de s’installer de l’autre côté de l’ancien mur d’octroi, ce qui entraine des difficulté d’accès aux marchés, et aux fontaines gratuites.
Les travaux dirigés par Haussmann accentuent encore davantage la division qui existaient entre l’est et l’ouest de la ville : le vent allant de l’ouest vers l’est, les quartiers est sont moins prisés, car le vent leur amène toutes les nuisances qui peuvent avoir lieu plus à l’ouest : fumée, odeurs, etc. Les travaux concernant uniquement l’ouest de la Seine, la division s’accroit.

Sources de l’article:
Introduction à la géographie, Bernard Debarbieux, Unige.
Haussmann, de la modernité à la révolution, Jean Marie Huriot.
Paris XIXème siècle. L’immeuble et l’espace urbain. 1 : Objet et méthode / François Loy, atelier parisien d’urbanisme
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