Le taylorisme
Par : Anaïse
Le taylorisme, c’est l’idée d’organiser le travail de façon à ce qu’il soit le plus efficace possible.
Une bonne partie de sa théorie repose sur le concept de flânerie systématique, qui est source de gâchis.
Les ouvriers s’économiseraient de peur que si ils sont trop productifs, des postes soient supprimés. De plus, les salaires ne sont pas incitatifs. Et il n’y a pas de science dans les pratiques professionnelles.
D’autres mettent d’avantage que Taylor l’accent sur l’économie des mouvements inutiles : Les Gilbreth divise l’action humaine en 17 mouvements, les therbligs, pour déterminer la meilleure façon « one best way » de faire un travail.
Des séries d’étude sont réalisées par des “experts” dans des lieux de production. Avec une attention sur les gestes, les temps, les facteurs techniques (ergonomie et physiologie).
Derrière ces principes qui semblent durs, voire inhumain, se cache pourtant une certaine vision sociale : une ambition d’assurer la loyauté des ouvriers, de diminuer la fatigue, d’accroitre les salaires. Brandeis, avocat, “héros syndical” qui avait fait campagne pour la journée de 8h voyait dans la gestion scientifique une révolution sociale qui améliorerait le sort du petit peuple en augmentant les salaires, en réduisant le cout des marchandises et en élevant le niveau de vie.
L’individu au travail, selon Taylor est un individu isolé de son groupe, que l’on doit empêcher de s’unir et qu’on motive par l’argent.
Réactions au Taylorisme :
Les réactions sont immédiates : dès 1907, l’American federation of labor s’empare du problème et s’oppose violemment aux méthodes de Taylor.
En 1912, une commission d’enquête est réunie à la demande du comité pour les relations industrielles du congrès US
En 1915, une enquête est menée dans les usines qui ont suivi les conseils de Taylor (Enquête HOXIE).
Résultat : le chronométrage est remis en cause, la dégradation du morale et des ouvriers est dénoncée.
En France, la CGT dénonce “l’organisation du surmenage”
Le taylorisme a des conséquences documentées : l’expropriation des savoirs-faire ouvriers, le cloisonnement entre les départements, et surtout, l’aliénation et la perte de sens dans le travail.
Fordisme et crise fordienne
Le fordisme, c’est un système productif basé sur les idées de Taylor : la gestion scientifique du travail mise en partique sur une chaine de montage.
Il est basé sur la rationalisation et la parcellisation des tâches et gestes. Et sur un salaire qui permet une consommation de masse, laquelle soutient la production de masse.
Cette manière de fonctionner implique une organisation particulière de la grande firme fordienne:
Il y a une forte centralisation des décisions, un traitement de l’information centralisé, qui ne laisse pas beaucoup d’initiatives aux établissements même dans la gestion quotidienne.
Corrélativement se développe une série de hiérarchies visant à assurer un contrôle des unités de rang inférieurs, que ce contrôle passe par la multiplication de l’encadrement ou par des formules salariales incitatives à la productivité. Loin des idées sociales de Brandeis, les conditions de travail sont extrêment pénibles. Mais, l’idée que la seule motivation des travailleurs fait long feu : dans les années 1960, 70 et 80, les conflits ouvriers n’aboutisse qu’à des augmentations de salaire, sans réelle modification des conditions de travail.
Le système sera remis en cause quand la plupart des foyers se seront équipés et qu’on sera dans une production de renouvellement.
La crise nait de l’épuisement des gains de productivité, qui prévalaient jusque là, et du fordisme qui atteint ses limites techniques économiques et sociales dès les années 70.
Sources de l’article:
Principes d’organisation scientifiques des usines, Taylor, 1911
Not so fast, scientific Management started as a way to work. How it become a way of life. Jill Lepore, 2009

